Barbara Bessot Ballot

[Edito] Loi Climat : quand on ose l'intelligence collective...

19 Avr 2021 En Hémicycle

  • Ouvrir une nouvelle voie à la construction démocratique de la loi

 

Il y a un an et demi, le Grand débat national débouchait sur une nouvelle expérience démocratique. Et si nous transcendions la représentation ? Et si nous faisions de la démocratie pour le peuple une démocratie avec le peuple ? Avec la Convention Citoyenne pour le Climat, le Président de la République a souhaité expérimenter une nouvelle manière, résolument novatrice, de penser la décision politique.

Alors qu’aujourd’hui, les textes sur lesquels se penchent l’Assemblée nationale et le Sénat émanent soit du Gouvernement, ou bien d’un parlementaire lui-même, nous voici confrontés à une troisième voie : celle du citoyen non pas législateur, mais instigateur de la loi.

Il faut le dire, cette expérience institutionnelle pouvait initialement susciter des doutes.

Pour autant, alors que s’achève l’examen de ce texte en Hémicycle, il y a une réflexion à mener sur cet exercice qui pourrait être répliqué lorsque c’est pertinent : un exemple pourrait être la question sensible et intime de la Fin de vie traitée trop fugacement il y a peu.

 

  • Joindre nos efforts autour d’une urgence solennelle

 

Étendre le processus de rédaction de la loi à un collectif de citoyens, “caisse de résonance” des sensibilités nationales, ne s’est pas avéré être un contournement du processus législatif. Au contraire, il a permis de l’enrichir en traduisant des suggestions concrètes, des nuances nouvelles sur un enjeu qui nous engage : la préservation de l’environnement.

Une Convention, dans son essence, se définit par deux aspects : son rôle de catalyseur de l’intelligence collective, et son caractère exceptionnelfondé sur le besoin de répondre à une question précise. 

La lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience face à ses effets – titre et objet de notre Projet de loi – est en effet l’un des défis existentiels de notre millénaire, qui mérite à ce titre une véritable symbiose entre élus et électeurs.

Pour autant, si le diagnostic et l’ambition sont entièrement partagés, cela n’empêche pas les variations dans le détail des mesures : le Gouvernement, comme les législateurs, ont chacun leur rôle à jouer pour affiner ce texte en fonction de l’expertise qui leur est propre.

 

  • Confier notre ambition à une Agora plurielle

 

Démonstration d’inclusivité, la Convention Citoyenne pour le Climat a été un microphone tendu à celles et ceux qui font la richesse de la France, un appel à idées qui ne s’est pas restreint à un diplôme, un genre, un âge, une origine ou une région. 

Nos territoires regorgent de talents, d’expertises et d’idées. En tant qu’élue et défenseure de la ruralité, je salue le tirage au sort s’il permet de montrer que les femmes et les hommes de terrain sont capables de formuler des propositions d’avenir.

Chacune et chacun, en disposant des éléments de fond nécessaires, peut construire des avis éclairés et judicieux.

 

En somme, c’est bien la recette,

et non la toque, qui fait le cuisinier !


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